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dimanche 4 mars 2007

La Déchirure

Couverture de La Déchirure La Déchirure est un roman de Robin Hobb, le premier de la série Le Soldat Chamane.

Jamère Burvelle est le second fils d'un ancien colonel, anobli pour ses faits d'armes dans la guerre contre les nomades. Au royaume de Gernie, cela signifie qu'il sera militaire, un officier qui servira dans la cavalla, la prestigieuse cavalerie qui a permis au royaume d'annexer les plaines des nomades. La société gernoise est gouvernée par des codes très stricts, qui imposent la fonction de chacun en fonction de sa naissance, et la récompense donnée par le Roi à ses colonels en les anoblissant est tout à fait exceptionnelle. Et surtout, elle déplaît aux anciens nobles, qui voient leur pouvoir diminuer au sein des conseils au profit de ces nouveaux nobles, fidèles au Roi.

Mais Jamère passe son enfance à l'écart de tout ça. Sur la propriété de son père, dans les terres nouvellement conquises, loin de Tharès-la-Vieille, la capitale du royaume, il apprend les rudiments du combat, instruit par des anciens soldats de son père qui entend que son fils apprenne très tôt le code de l'honneur et les rudiments du combat de la cavalerie. Le colonel Burvelle va jusqu'à demander à un nomade, un ancien ennemi, de prendre en charge son fils pendant quelque temps, pour lui apprendre les techniques nomades. Et là, Jamère va vivre une expérience très particulière, et nouer un pacte avec un être étrange.

Bientôt vient le moment où Jamère doit se rendre à Tharès-la-Vieille, pour suivre les enseignements de l'École royale de cavalerie. Et il se trouve immédiatement immergé dans la rivalité entre nouveaux et anciens nobles. Mais lui et ses camarades sont bien décidés à ne pas se laisser faire, et le bizutage habituel des premières années prend une tournure particulière.

Et... ça s'arrête là, puisque Pygmalion a repris un découpage similaire à l'Assassin Royal. Mais le second tome est déjà paru, et la suite va suivre...

Ce nouveau cycle de Robin Hobb s'annonce très prometteur, dans un univers haut en couleur, bien qu'assez différents de celui de l'Assassin Royal. Ce premier tome raconte l'enfance du personnage principal, et bien que l'on voie déjà les prémisses de l'intrigue, ce livre ne fait que poser les premiers éléments du décors. Des personnages restent à découvrir en profondeur, des lieux, des peuples ne sont qu'évoqués. Une nouvelle série qui débute bien, et qui se poursuivra de même, n'en doutons pas !

dimanche 25 février 2007

Le Peuple des Rennes

Couverture du Peuple des Rennes Le Peuple des Rennes est une série préhistorique de Megan Lindholm composée de deux tomes : le Peuple des Rennes et le Frère du Loup.

Tillu décide de quitter la tribu. Pourtant, ça fait déjà plusieurs années qu'elle vit avec eux. Son fils, Kerleu, a passé son enfance ici. Mais Carp, le Shaman de la tribu, a décidé d'en faire son apprenti. Et Tillu désapprouve l'enseignement de Carp. Alors la jeune femme décide de reprendre la route. Seule avec son fils, elle s'enfonce dans les forêts enneigées, bien décidée à profiter de cet isolement pour donner à Kerleu un enseignement correct. Car Kerleu n'est pas un enfant ordinaire. Un peu plus lent que la moyenne, distrait, jamais intégré aux autres enfants.

Mais Tillu croise rapidement la route d'un autre peuple : le peuple des rennes. Là, elle rencontre des gens qui savent apprécier son fils à sa juste valeur, des gens qui la respecte, de part ses talents de guérisseuse, et qui accepte le fait qu'elle vive seule, sans homme dans sa tente. Mais tous les membres du peuple des rennes n'apprécient pas la jeune femme. Notamment un certain Joboam qui désire devenir le chef du peuple des rennes, qu'importe le prix à payer.

Une nouvelle histoire passionnante signée Megan Lindholm. On est tenu en haleine du début à la fin, et si l'on connaît les tenants et les aboutissants que les personnages ignorent, le suspens demeure tout de même jusqu'aux dernières pages. Megan Lindholm décrit avec brio la vie de ses différents personnages, leurs difficultés, notamment celles de Tilu ou de Kari, confrontées à la place prépondérante et dominante des hommes dans leur société. Comme tous les livres de Megan Lindholm / Robin Hobb, à lire sans modération !

lundi 22 janvier 2007

La nuit du prédateur

Couverture de la nuit du prédateur La nuit du prédateur est un roman de fantasy urbaine co-écrit par Steven Brust et Megan Lindholm.

Le Gitan. Il croit se souvenir que son nom est Cigâny. Il marche dans la ville de Lakota, et essayant de se souvenir de la raison de sa présence. Il sait qu'il a une mission. Il sait qu'il doit se souvenir de ce qu'est cette mission.

Stepovitch. Flic désabusé, divorcé, devant faire équipe avec un jeune insupportable, surtout après le départ à la retraite de son ancien coéquipier. Il est sur une affaire de meurtre. La description du suspect est celle du Gitan. Mais Stepovitch sait que ce n'est pas lui. Il le sent.

Et progressivement, les autres personnages entre en jeux. La Jeune fille, Laurie, fille de Stepovitch. Le Cocher, conducteur de calèche ou alcoolique, c'est selon. La vieille dame, voyante de métier. Et la Belle Dame.

La Belle Dame, celle-là même qui est en train de prendre le contrôle de ce monde. La Belle Dame, celle-là même que Cigâny s'est juré de repousser dans son monde. Il ne le sait pas encore. Mais quand les frères du Gitan arrivent, menés par le Cocher, le combat peut commencer. Les forces du Gitan, dans la ville de Lakota, en 1989 et celles de la Belle Dame, dans le Monde d'en bas, se préparent à la bataille.

Rien de tout ceci n'est réel.

Et c'est bien là le pire.

Les choses réelles ont une fin, quelque part, un jour ou l'autre.

Un roman de fantasy urbaine, orchestré façon tragédie classique. Des paroles de chansons mêlées aux combats magiques. Des personnages vivants, avec leurs passés, leurs histoires, leurs peines. Un livre captivant, une ambiance particulière et réussie, et un air de réalisme derrière le tout, on en attendait pas moins des auteurs d'Agyar et du Dernier Magicien.

samedi 13 janvier 2007

La Moïra

Couverture de La louve et l'enfant La Moïra est une série de fantasy de Henri Lœvenbruck, comprenant les tomes suivants : La Louve et l'enfant (aussi publiée sous le titre Le Chemin de la louve), La Guerre des Loups (aussi publié sous le titre La Fille de la Terre) et La Nuit de la Louve. J'ai découvert ces livres via un billet de Tsuki_c à propos de Henri Lœvenbruck, livres dont elle reparle dans son billet La Moïra de Henri Lœvenbruck.

(Note : cette critique ne concerne que la première édition de la série, parue aux éditions Bragelonne en 2001/2002. Depuis, une édition revue est parue, mais je ne l'ai pas lue.)

Aléa est une jeune voleuse de treize ans. Elle survit dans un petit village par quelques larcins. Orpheline, elle est là, et vis dans la rue depuis son enfance. Mais un jour, dans la lande aux abords du village, elle va découvrir un cadavre qui va lui transmettre un étrange pouvoir. Désormais elle est le Samildanach. Cela veut dire qu'elle possède la capacité de maîtriser les forces magiques qui régentent le monde.

Et cela ne fait pas plaisir à tout le monde. Sur l'île de Gaelia, Terre celtique contrôlée par un conseil de druide, à part une enclave chrétienne, le fait que Samildanach soit une femme est de très mauvaise augure, à en croire d'anciennes prophétie. Et en plus cet évènement tombe mal : les Thuatanns, peuple originel de l'île, ressortent des entrailles de la Terre décidés de revendiquer l'île, le roi de l'île vient de se marier, et sa nouvelle épouse ne semble pas tout à fait docile, et un druide renégat, Maolmòrdha gagne en puissance.

Mais Aléa va réunir autour d'elle des compagnons de voyage, va peu à peu découvrir sa puissance, et aller affronter, les puissants de l'île pour rétablir la paix et faire basculer l'histoire de Gaelia vers un âge nouveau... aidée dans sa quête par une louve blanche, Imala, dont la vie parmi ses semblables et en cohabitation avec les verticaux - les humains - est racontée en parallèle de l'histoire d'Aléa.

L'histoire est somme toute assez banale, l'écriture - surtout dans le premier tome - est parfois maladroite (ce qui justifie probablement une édition revue), mais le récit est captivant, et une fois la série commencée, c'est dur de faire autre chose ! La fin est cependant un peu brutale, peut-être là aussi est-ce corrigé dans la version revue (dont le troisième tome fait 30 pages de plus). Un autre regret, l'histoire des loups aurait pu être plus développée. L'auteur n'a pas voulu choisir entre en faire une trame aussi importante que la partie humaine (comme dans Les Fourmis de Bernard Werber, que Henri Lœvenbruck cite comme mentor), ou une trame négligeable, et le résultat est entre les deux, le rapport avec le reste n'étant pas toujours évident.

Mais malgré tous ses défauts - allez savoir pourquoi - cette série se dévore sans peine, à lire donc, sans modération.

vendredi 5 janvier 2007

Agyar

Couverture de Agyar Agyar est un roman de Steven Brust.

John Agyar a trouvé une machine à écrire dans la maison abandonnée qu'il squatte, avec Jim le fantôme. Ses doigts retrouvent vite leur aisance sur les touches, et il décide d'écrire. Ça le détend, ça l'occupe. Et comme il faut bien écrire quelque chose, il écrit ce qui lui arrive, au jour le jour.

Fin des années 80, ou début des années 90. Une ville universitaire, en Ohio. La ville où Laura Kellem lui a demandé de venir. Elle veut qu'il la couvre, qu'il se fasse tuer et accuser d'un crime qu'elle a commis en manquant de discrétion. Et il est obligé d'obéir. Pour passer le temps, il séduit Jill, une étudiante du voisinage. Il rencontre Susan, sa colocataire. Et le tout la nuit. Toujours la nuit.

Quand Jim, le fantôme noir américain, commence à lire les feuillets que John écrit, et qu'il conseille à John d'essayer de se défendre face aux plans de Laura Kellem, John n'essaye pas d'expliquer pourquoi c'est impossible. Mais l'idée qu'il puisse un jour se libérer de celle qu'il a aimé et qu'il aime - pas vraiment volontairement - encore s'implante dans son esprit. Et commence à le faire agir, avec... ses méthodes.

Mais qui est John Agyar ? Il a beau être le narrateur du roman, on ne sait rien de lui. L'écriture n'étant pour lui qu'un passe temps sans conséquence, le roman n'est - de premier abord - que peu structuré, les problèmes de mémoire du narrateur n'aidant pas non plus la compréhension. Mais rapidement, on se rend compte que John Agyar n'est pas du tout quelqu'un d'ordinaire. Mais jamais il ne s'expliquera sur ce point.

Le suspens est très bien construit, les éléments se mettent en place peu à peu, et jusqu'à la fin on est dans l'attente de la suite. La fin se termine par une mise en abîme des différents protagonistes. Ce livre est passionnant, à dévorer sans modération.

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