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dimanche 16 mars 2008

Le Mystère des Dieux

Couverture du Mystère des Dieux

Critique établie le 16 mars 2008 par Thesa.

Le Mystère des Dieux est un roman de science-fiction de Bernard Werber. Après Les Thanatonautes, l'Empire des Anges, Nous, les Dieux et le Souffle des Dieux, ce livre est le dernier tome de cette longue série.

Finale du jeu d'Y. Les douze aspirants Dieux finalistes se lancent dans une bataille à l'issue tragique.

Michael Pinson est condamné à être exilé sur Terre 18, cette planète même sur laquelle il régnait en Dieux. Mais est-ce pour autant qu'il connaît parfaitement ce monde ? Delphine, disciple de sa propre religion, lui montrera ce qu'il en est vraiment, au sol et non là-haut, chez les Dieux...

Voici la fin de la série. Usant et abusant des mises en abîme, Werber conclut enfin sa plus longue série, qui a bien perdu en originalité depuis son début, les Thanatonautes. Si le roman est loin d'être aussi décevant que le Papillon des étoiles, il confirme que Werber est tombé dans une routine de création plate, lisse, sans renouvellement. On prend les mêmes et on recommence. Encore...

vendredi 12 janvier 2007

Le Papillon des étoiles

Couverture du Papillon des étoiles Le Papillon des étoiles est un roman d'anticipation et de science-fiction de Bernard Werber.

Le Papillon des étoiles. C'est l'histoire du projet d'un ingénieur, Yves Kramer, qui décide d'arrêter de subir les pulsions autodestructrices humaines. Pour lui, le dernier espoir, c'est la fuite. Il s'entoure alors de Mac Namarra, milliardaire, Élisabeth Malory, skippeuse, Adrien Weiss, psychologue. Et ils se lancent dans la construction d'un vaisseau spatial titanesque, pouvant transporter 144 000 personnes, pour rejoindre une planète lointaine, où Yves Kramer pense que la vie est possible. Une planète à plus de mille ans de la terre, malgré la vitesse phénoménale du vaisseau, dû à sa propulsion par voiles solaires.

Mais le projet voit le jour. Le Papillon des étoiles s'envole. Et les 144 000 voyageurs commencent à vivre en vase clos.

Le livre raconte la genèse du projet, le voyage, et l'arrivée. Même si l'idée ne manque pas d'intérêt, j'ai trouvé son traitement décevant. Non seulement le rythme du livre est assez haché, c'est une compilation des instants décisifs, un peu comme ces films tirés de livres où l'on ne conserve que le strict nécessaire, au point qu'il manque la sensation que les personnages vivent vraiment l'histoire. Mais surtout Werber, malgré son passé de journaliste scientifique, ne s'est pas assez documenté. Sans pour autant tomber dans la hard science-fiction, il aurait été intéressant de voir un peu plus de cohérence dans les solutions techniques. Un exemple ; le vaisseaux est un tube télescopique de 32 kilomètre de long, avec 32 sections de 1 kilomètres, emboîtées les unes dans les autres au décollage. Une fois dans les espaces, les sections se déploient, comme ça, sous les yeux des voyageurs. Mais il manque un détail : d'où vient les 31 volumes d'air nécessaire à remplir les 31 sections supplémentaires ? Parce que si ça se passe comme décris, la densité de l'air sera divisé par 32... Pas génial pour respirer. Des erreurs stupides se sont glissées çà et là, comme dire qu'une gravité plus faible obligera des humains à faire plus d'effort que sur Terre, alors que c'est le contraire. Quant à l'idée même de faire décoller le vaisseau, elle très risible : vu sa configuration, il aurait été tellement plus simple de l'assembler dans l'espace !

Mais ce qui m'a le plus semblé bizarre, c'est l'absence totale du traitement de la question des connaissances. Pour aller former une seconde humanité, non seulement il faut amener des humains, mais il faudrait peut-être songer à leur transmettre des connaissances, ne serai-ce que pour entretenir le vaisseau sur la durée du millénaire du voyage. Et là, rien, si ce n'est un malheureux bouquin laissé pour les voyageurs qui arriveront à destination, l'existence de ce bouquin étant transmis oralement par les descendant d'Yves Kramer... Que les connaissances soient oubliées ou conservées, c'est à l'auteur d'en décidé (qui a dit Pern et Ténébreuse ?), mais pour l'auteur de l'encyclopédie du savoir relatif et absolu, occulter totalement ce point est décevant.

Bref, une tentative de Werber de faire de la science-fiction classique franchement loupé. Si vous voulez lire un bon bouquin qui parle des humains ayant fuis la Terre, allez plutôt lire Alien Earth.

mercredi 12 octobre 2005

Le souffle des Dieux

couverture du souffle des dieux

Le souffle des Dieux est le dernier roman de Bernard Werber. Suite des Thanatonautes, de L'Empire des Anges et de Nous, les Dieux, et avant dernier tome de la série (le dernier tome, Le mystère des Dieux ne devrait sortir avant quelques années), ce roman raconte comment l'élève dieu Michael Pinson continue sa partie du jeu d'Y, cet exercice d'apprentissage des jeunes Dieux qui consiste à gérer à la manière d'un Jeu de stratégie, et poursuis sa recherche de ce qu'il y a après, c'est à dire ici cette mystérieuse montagne au sommet de laquelle, pensent les élèves, serait peut-être le Dieu suprême. Sans oublier cette énigme qui le nargue :

C'est mieux que Dieu, c'est pire que le diable.

Les pauvres en ont, les riches en manquent.

Et si on en mange, on meurt.

Comment ? Vous ne l'avez pas encore résolue ? :-D

Depuis Les Thanatonautes, mon préféré de Werber, j'étais resté sur ma faim avec L'Empire des Anges et Nous, les Dieux, qui (surtout ce dernier) ne font que revisiter des mythologies existantes, avec une limitation à la mythologie grecque dans Nous, les Dieux (alors que, quitte à reprendre l'existant, d'autres mythologies intéressantes existent, comme l'a très bien montré eiwaz). De plus, la tendance de plus en plus marquée des élèves Dieux à refaire l'histoire de Terre 1 (notre planète) était peu originalle, il manquait pour moi dans ces livres les idées innovantes de Werber qui excitaient tant l'imagination dans ses autres chef-d'oeuvres.

Et il faut avouer que le début du Souffle des Dieux utilise la même recette (On prend les mêmes, et on recommence). Cependant, au fur et à mesure du livre, les héros se remettront de plus en plus en question, et essayeront de rompre cette platitude, je pense notamment à une scène où les personnages s'imaginent comme des personnages d'un roman, et discutent de leur libre arbitre dans ce cas... Heureusement que Michael Pinson finira par se révolter contre les règles de l'Olympe, et se dirigera vers la fin (il pêchera pour avoir la connaissance, suivez mon doigt).

Je résiste à citer un passage de la célèbre Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, ici dans son tome V, car les passages de celle-ci ont tendance à devenir très long (plusieurs pages...), et traitent surtout de mythologie grecque (du moins ceux que Michael Pinson consulte).

Bref, c'est un Werber avec les thèmes de Werber (jeux de stratégie/simulation comme dans La Révolution des fourmis, par exemple), avec l'ESRA, avec les héros de la série, avec quelques thèmes un peu plus philosophiques parsemés par-ci par-là, mais sans être toutefois digne des Thanatonautes ou des Fourmis.

Et vous, à la place de Dieu, comment referiez-vous l'Histoire ?